• Akissassa, Un nom à la consonance sensiblement singulière ! En créole, "akissassa" pourrait approximativement se traduire par "qui c'est", sous la forme d'une fausse interrogation, la réponse étant induite par le questionneur lui même.

     

     

    Avec un maloya électrique joué tout en retenu, le groupe propose une musique lisse voire duveteuse. Les battements du roulèr au contraire d'un tapage incontrôlé, tels des piliers indissociables tiennent le reste de l’œuvre comme en suspension. Akissassa est un alliage de force percutante et planante, capable de transporter par ce mouvement simple et pur des rythmiques maloggae / seggae. Cette déferlante des années 80 et 90, en plus des mastodontes tels que Naessayé ou Vyin Bougé a également produit de nombreuses formations d'envergure moindre, portées par les mêmes convictions et aspirations.

     

     

    Sur la toile, les traces d'Akissassa restent infimes, soumises aux détenteurs ou aficionados en mesure de dépoussiérer leurs vieilles cassettes. On ne peut que se contenter des quelques perles (tout ce qui est rare a, quoiqu'on en dise, plus grande valeur) éparpillées ici ou là, s'en réjouir comme le témoignage d'une mouvance qui a résisté au quolibet de mode passagère. Le seggae/maloggae survit de bien belle manière, et avec lui Akissassa.

     

     

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    page facebook du groupe (en espérant que ce soit le même): https://www.facebook.com/pages/Akissassa/535647556516385?fref=ts

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    Les Pop's Experience

    "La Réunion lé sans couleurs définies, quand la jeunesse i fé flamber ses bougies ", un cri d'exaltation pour une période d'effervescence sans précèdent.

    Les 4 camarades emmenés par Roland Ramakistin, ont éclos avec fulgurance dans la vague Pop / Rock des années 70 avant de s'éteindre tout aussi brusquement. La fièvre et l'orage étaient passés...

    Il n'empêche que la voix déglinguée, l'élan primale si caractéristique du groupe, a marqué durablement cette jeunesse chantée avec engagement. Les Pop's Experience resteront un mythe à part, inédit dans l'île, laissant un héritage significatif que peu exploite actuellement. 

     

    Qu'il est loin le temps où ces "Beatles péi" animaient bals et soirées dans l'euphorie la plus totale. Ils avaient l'allure et l'effronterie, l'époque jouait en leur faveur. Sans mettre le séga au banc des airs obsolètes, sans en faire non plus une marque de fabrique, la musique des Pop's Experience va se traduire par une improbable fusion entre toutes les tendances du moment. Interprétés corps et âmes par Roland Ramakistin, dont les performances vocales demeurent à ce jour inégalées par leur expulsion, leur force manifeste à défaut de technique; les morceaux du groupe poussent à l'action, comme une marche que chacun doit faire avec l'autre.

     

     

     

    "La Réunion" ou encore "Nou peu recommencer", avec sa guitare séditieuse et forcenée quasiment douée d'une parole escathologique, couplée à ce discours sur la création à refaire, à défaire; sont des instants d'intense gloire. Les gens se souviennent certainement de ces harangues merveilleuses, même si le nom de Pop's Experience semble ne plus provoquer autant d'émoi. (écouter Samedi Pop, une chanson qui s'apparente au Na Na Na Hey Hey de Richard Anthony, avec les mêmes ambitions)

     

     

     

    A la limite de l'outrage aux bonnes moeurs quelquefois, avec des textes licencieux comme celui de "L'amour interdit ",  le groupe a souffert d'une relative censure radiophonique malgré un succès préservé auprès de son public (dans "l'amour interdit", on peut entre autre entendre la phrase : j'aime lécher ton corps, assoiffé. Une ode au libertinage qui n'est pas du goût de tout le monde et, à première vue, des parents craintifs d'un dévergondage irréparable). Un public à la recherche d'émancipation, de renouveau et pourquoi pas, d'idoles ! Ils ont été servis, avec des slows ronflant de désespoir, des tirades énamourées et révoltées contre les obstacles au grandiose, à l'existence.

    Le titre le plus connu du groupe est certainement "Arèt avec ça". La manie qu'a Roland Ramakistin d'étirer les dernières syllabes sur des longueurs infinies, se déploie dans toute sa splendeur et fait tout le charme de cette chanson. Ce rythme de séga tronqué a conquis les coeurs et les corps, d'une résonnance rare il s'incruste en vous comme un flux incontrôlable, l'appel du bonheur. " Douleur des otes i soigne pas la tienne ", des répliques toujours aussi accrocheuses :

     

     

     

    Pop's Experience Nouvelle Génération

    Les Pop's ExperienceUn groupe devenu culte ne pouvait totalement disparaitre dans l'anonymat. C'est pourquoi une autre formation a vu le jour, avec un membre du groupe original à la guitare. Même dégaine et façon de chanter similaire, cette nouvelle génération se veut ancrée dans le sillage de son prédécesseur, en assurant notamment des reprises vibrantes.

    Elle parvient admirablement à raconter la légende de ses pairs, tout en proposant une sonorité autre, davantage axée sur un séga plus commun. Pascal, le chanteur de ce renouveau, porte avec éngergie et brio l'activité de cette relève (on retiendra par ailleurs sont déhanché hors du commun !). A n'en pas douter, les Pop's Experience flirte avec l'immortalité !

      

      

     

     

      

    Pour acheter : http://www.musiquesdelareunion.com/boutique.html?page=shop.product_details&category_id=2&flypage=flypage.tpl&product_id=58

    Biographie (n'oubliez pas le "Lire à la suite" à peine visible en bas à droite) : http://rama.prod.free.fr/biographie.htm

    chaîne Youtube d'un des membres de Pop's Experience NG certainement : http://www.youtube.com/user/joctout

     

     

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    Berçeuses et chansons pou marmay ( Partie 3 )3 ème partie de cette série consacrée aux comptines, berçeuses et chansons de notre enfance réunionnaise. Elles sont encore nombreuses à sommeiller dans l'esprit de nos gramouns, elle sont nombreuses aussi par leurs variations selon les régions de l'île, les familles.... alors,
     

    Une chasse aux trésors, ça vous dit ?

     

      

    Kosa la manz ladan

      

    Dans le livret accompagnant le CD "Zinzin", on y trouve les indications suivantes : Inn i rouv la min, inn i mèt son dwa dann milyé, i di komsa : Kosa la manz ladan ? Ariv in lèr, sak i rouv la min i di : a pi ! (na pi).

    Toutes les bonnes choses prennent fin en dépit du bonheur qu'elles suscitent. Il en va de même des fruits juteux, sucrés et ensoleillés avalés goulûment qui nous ramène docilement aux douces saveurs de l'enfance, pour les plus âgés d'entre nous. Et cette main, qui la journée durant, s'est imprégnée des odeurs de vavangue, de "fig mir" et de "gouyav" a fini par ne plus rien avoir à tenir... Tristesse et chagrin jusqu'à la cueillette du lendemain !

     

     

    Pov ti gigine

     

    En créole réunionnais, un "gigine" signifie un petit peu ou très peu; pas assez en tout cas. Ici le ti gigine est en fait une sorte de Caliméro frêle et impuissant, ce qui lui impose quelques complications : il ne peut rivaliser face aux plus forts, aux mieux lotis et arrive donc en dernier lorsqu'il s'agit de se servir. Défavorisé en soi, la tournure pléonasmique due au "pov " (pauvre) ne fait qu'enfoncer  cet être pour qui on ne peut éprouver que de la mansétude, de la pitié.

    A noter que cette formule ne ressemble en rien à l'ironique "Pov ti bête ", que l'on rencontre parfois dans l'expression un tantinet moqueuse de personnes peu compatissantes, achevant leur taquinerie par un " i fé pitié oui ! " tout aussi dévastateur.

    Ce " Pov ti gigine " est ce qu'on appelle un jeu de doigts qui est dérivé (très certainement) de son équivalent français "La poule a pondu un oeuf ", qui compte lui-même de nombreuses déclinaisons (ici, page 8). Comment procède-t-on exactement ? D'après les diverses sources, on prend les doigts l'un après l'autre en débutant par le pouce et pour la dernière phrase soit celle de l'auriculaire (soit, le petit doigt; la partie correspondante en français est absente de la version réunionnaise présentée), on lui fait faire un ou deux cercles dans la paume de l'autre main. Si ça n'a pas été clair, tentez de voir les explications données ici, à la fin.

     

      

    Ti somin, gran somin

      

    Avant de devenir un titre phare du groupe Kréolokoz ou de Tikok Vellaye, ti somin gran somin (ti chemin grand chemin) était un jeu de doigts très répandu et pratiqué entre parents et enfants; il l'est toujours d'ailleurs. Voici le "mode d'emploi" : Fé grinp dé dwa parèy kan bib i mars si lo bra out kamarad ziska son kèlkèl (dosou son bra oubyin ziska son kolé, épisa digdig ali).

    Kèlkèl = aissellle ; Kolé = le cou ; Digdig = chatouiller

    Tout comme les pitons de l'île, les jeunes réunionnais sont eux aussi des parcours, des sentiers où les mains tendres du parent viennent lentement grimper, dans le but de chatouiller leur enfant dans le cou ou sous le bras. Parfois même l'ascension se fait longue, elle se ralentit dans un suspense intenable pour se précipiter tout à la fin, entraînant un repli du corps, mais surtout de grands éclats de rire.

    Il existe certaines variantes locales ou le chien se fait loup, mais il intervient toujours au même endroit.

     

    Mon ti lakaz

     

    La lecture des paroles aideront certainement à la compréhension du contexte et de ce qui est dit :

    Kan mwin lavé mon ti lakaz
    Falé bésé pou rant dedans
    Mon tét té tous dann mon fétaz    (fétaz = la charpente du toit, 1)
    Mon pyé té rant dann mon plansé

    Mon zoryé morso bwa blan
    Mon payas ti nat malgas
    Mon somiz morso goni     (goni = sac en toile de jute, 2)
    Mon kilot morso ayon

    Alon gargoulèt   (gargoulèt = vase de terre où l'on met l'eau à rafraîchir, 3)
    Morso kalbas
    Pou mèt lo ronm
    An ddann zour di lan.

    Les informations n'abondent pas à propos de cette comptine bien qu'elle soit terriblement parlante. C'est la description d'un habitat rudimentaire qui est faite et plus généralement du mode de vie lui-même, pauvre et simple, qu'il ait été choisi ou non. Qu'à cela ne tienne, l'indigence du confort n'entravera pas les réjouissances de fin d'année, dominées par les joie de l'ivresse comme semble l'indiquer la présence de " lo romm " !

      

     

    Kaskas Nikola

      

    Ce que le livret du CD " Zinzin " en dit : I zwé a dé. Inn na inn ti galé dann in min, dann lot : riyin. Lot i esèy déviné dann kèl min i lé. In tiktak pou le kas le kan.

    Voilà un petit tour de passe-passe qui permet de combler les après-midi ennuyeuses. Souvent, c'est l'occasion rêvée pour les ainés d'éprouver la naïveté légitime de leurs cadets grâce à quelques obscures manigances : galet lâché en cours de route, caché dans la "poche a ki " (poche de derrière) ou dissimulé avec la complicité du décor ...

    Ce jeu de cache-cache se retrouve à l'île Maurice où il a fait l'objet d'un séga de style bindu, par Alex Thermogen (qui est un pseudonyme d'après mes souvenirs). D'après le dictionnaire étymologique d'Annegret Bollée, la formule serait d'origine normande; les règles sont en tout cas sensiblement les mêmes dans ce Grelit Grelot français qui peut se jouer à plus de deux personnes. Ce site propose une approche différente en la mélangeant au jeu du furet.

     

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    Pour finir voici 2 liens d'une utilité toute trouvée. Le premier est un document du Musée de la région Centre (France métropolitaine) qui présente un certain nombre de jeux et de chansons qui y sont rattachées. Vous remarquerez que beaucoup de ces activités ont été pratiquées à la Réunion par nos aïeux : http://www.musees.regioncentre.fr/UploadFile/GED/NFHY-joujoux.pdf

    Le deuxième est aussi un PDF de l'Académie de La Réunion cette fois, reprenant les comptines réunionnaises et leurs équivalents français (je l'avais peut-être déjà mis) : http://www.ac-reunion.fr/fileadmin/rep_services/ecole-maternelle/classes-bilingues/Comptines_bilangues.pdf

      

    Partie 1     Partie 2

      

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    Nawar

    Nawar c'est, en créole réunionnais, l'expression de l'incertain dans l'attente d'en savoir davantage. "On va voir, on verra " sous-etendu ce qui est susceptible de se produire, mais aussi "Nawar sa in ote jour "; on y réfléchira plus tard, quand viendra le moment opportun.

    Du haut de La Salette à Saint-Leu, c'est surêment dans ce flou caractéristique des aventures ambitieuses et nouvelles que Nawar (le groupe), s'est lancé dans le grand bain musical réunionnais avec une foi courageuse. Bien leur en a pris car, depuis 2003 et un baptême réussi, le groupe a perennisé favorablement son activité dans ce paysage bleu lagon et partout ailleurs. Un horizon sans nuages, presque opaque d'une douce lumière s'ouvre à eux.

     

     

     

    Du séga contemporain parfois teinté de seggea, c'est une musique aux saveurs purement locales que propose Nawar. La production inspire cette chaleur artisanale, cette authenticité faite d'humilité qui gagne les réunions de famille, les petits comité décompléxés où la danse mise sur la bonne volonté.

     

      

    Pas aussi formaté que la plupart des artistes du circuit, qui ne chantent que l'amour gagné, l'amour repris, l'amour déchu ou l'amour au soleil; la formation saint-leusienne aborde des problématiques socio-économiques (Mon patron) ou simplement de moeurs (Mariaz) dans le positionnement qui est le sien : celui de témoin et de colporteur. Le leader Patrick INSUFFO et ses quatre dalons n'usent pas d'effets de séduction à tire larigot, ne sont pas accoutrés comme des vazas du séga (lunettes de soleil, jolies métisses et voitures de luxe en fond), ce ne sont que des passionnés, des vrais. Avec eux l'amateurisme amoureux prend les commandes, la chanson réaliste retrouve ses lettres de noblesses.

     

     

    Un groupe avec une réelle identité, voilà ce qu'il nous manquait. Sans vouloir préjuger, le critère associatif a sans doute quelque influence sur l'approche de Nawar, sa conception de la musique. Ce petit rien qui lui donne un goût de macatia chaud, l'ardeur des jeux de cartes entre hommes sur le gazon, le déhanchement conjugué du séga et des reins, audacieux, fertile. "Nawar  le reste talèr ", mais pour le moment "na apréci toujours ".

     

     

     

     

    sur facebook : http://www.facebook.com/pages/NAWAR/215544115128658

    sur Myspace : http://www.myspace.com/groupe-nawar

     

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    Claude Vinh-San (et le Jazz Tropical)Claude Vinh-San fait partie de ces immuables références citées dans les discours avertis, systématiquement présent à l'esprit des amateurs chevronnés de musique réunionnaise, dès qu'on aborde la création musicale des années 50 à 70. Les années 80 marquent un tournant qui ne laissera qu'une place infime (dans le meilleur des cas) à ces hommes de bals populaires, d'orchestres, de foules et de piétinements enlassés.

    Il est un des fils du prince Vinh San, en réalité dernier empereur d'Annam (Vietnam actuel) puisqu'il ne désavouera jamais son titre jusqu'à sa mort. Cet illustre personnage, exilé à La Réunion pour cause de brouille avec le Protectorat français, a marqué très fortement le jeune Claude qui n'a jamais céssé de lui rendre hommage, d'honorer sa mémoire.

    Toujours en activité avec le Jazz Tropical, Claude Vinh-San (ou Nguyen Phuoc Bao Vang tel qu'on le nommerait au Vietnam) s'est le fait le précurseur d'un genre qui ne survit plus qu'à travers lui.

      

      

    Son répertoire est composé de chansonnettes créoles comme il aime à le rappeler, aux instruments débordant d'allégresse, accompagné par un accordéon  musclé et cajoleur. La musique s'installe posément, à coup de frottements répétés et prépare le terrain pour une guitare aux accents entêtants ou une voix, qui a l'air de se trâiner et de s'articuler comme on réciterait une dictée.

    C'est une leçon de maître à laquelle assistaitt les quelques privilégiés du Rio, salle de bal à Saint-Denis mais aussi lieu de frictions entre le gratin du chef-lieu, ses distractions et les aspirations du petit peuple. Elle servait également aux réunions du Parti Communiste Réunionnais à cette époque (1), ou là aussi l'administration française représentée par l'ordonnance Debré se confronte à une insurrection politique vivace (en très et peut-être mal raccourci : départementalisation, assistanat et colonialisme déguisé VS autonomie pour La Réunion, La Réunion aux réunionnais etc). Claude Vinh-san et son orchestre joueront plus tard pour l'Hôtel d'Europe, lieu de fêtes tout aussi renommé.

     

     

     

    Claude Vinh-San a su s'inspirer de sonorités exotiques en vogue (bolero, rumba, biguine...) mais a aussi, fort heureusement, puisé dans le patrimoine musical qui grouillait sur le seuil de son inspiration et quotidiennement autour de lui pour construire son succès. Mieux encore, sa contribution en apparence banale; simple animation de soirées et d'évènements comme il était alors coutume, s'est révélée enrichir de couleurs nouvelles l'arc-en-ciel musical réunionnais.

    Un Eden pour les amateurs de danses; qu'ils fussent rigoristes des codes et respectueux de la mesure ou éperdument folâtres; les tempos se présentaient à eux, à leurs pas éperonnés avec foisonnement. Car sa musique comme celle des orchestres alors actifs était précisément faite dans ce but : faire danser. De nos jours, la musique locale s'est dissocier de cet attribut. Les rassemblements populaires (ou non) n'ont plus vocation à faire tanguer le corps de l'auditoire, à le transporter par deux, par trois, disposé en ronde ou en losange dans un pur moment jubilatoire ! L'heure est à l'écoute, à la réception statique, destructurée et individuelle. Une interview de Bernadette Ladauge accordée au N°46 du magazine Muzikalité (très intéressant par ailleurs), édité par Runmuzik, fait état de cet abandon qui met en réel péril un pan historique du patrimoine musical et culturel réunionnais.

     

     

     

    Les bals d'antan semblent bel et bien avoir pris la poussière, mais Claude Vinh-San et son accordéon chromatique sont comme ces étoiles du soir, lumineuses, éternelles, rasurrantes. Il en va de même des images qu'il nous lègue. Les "Bonbons coco" et bonbons fondants aux saveurs sirupeuses et sucrées; le vendeur clamant, vantant les vertus de ses chouchous auprès d'une dame à l'oeil expert un dimanche de marché; le "pied d'camélias", sépulcre symbolique préféré aux caisses de bois mort.

    Parfois la mélodie ne comporte qu'une phrase ("Missié Satan") répétée; souvent elle se passe de mots pour se dérouler avec majesté. Claude Vinh-San a dans son répertoire un nombre important de compositions instrumentales, genre lui aussi tombé en désuétude. A la sauce du Jazz Tropical, elles acquierent un langage magnifié par le ralé poussé, son tournoiement vous emporte comme une impossible brise. N'ayons plus peur de nous faire emporter, allons ensemble reconquérir les bals et les salons, sur des airs signés Vinh-San !

     

     

     

    + d'infos : http://www.runmuzik.fr/patrimoine/musiciens/claude-vinh-san.html

    http://www.mondomix.com/fr/news/claude-vinh-san-et-le-jazz-tropical

    (biographie assez complète) http://www.clicanoo.re/141475-claude-vinh-san-ne-prince-nguyen.html

    http://www.lequotidien.re/actualites/la-reunion/26240-patrimoine--claude-vinh-san-et-le-jazz-tropical-ode-a-la-chansonnette-creole.html

    http://www.lesinrocks.com/musique/critique-album/claude-vinh-san-et-le-jazz-tropical/

    pour écouter : http://www.deezer.com/fr/album/274614

    L'histoire du prince Duy Tan, père de Claude Vinh-San (site archi-complet): http://vinhsan.free.fr/Introduction.htm

     

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