• Gramoun Baba & Madame Baba

     

    gramoun babaPaul-Emmanuel Salomon, dit Gramoun Baba.

    "Gramoun", qui qualifie une personne âgée en créole réunionnais et "baba", nom provenant du malgache, qui désigne affectueusement les enfants en bas âge. Une formule antithétique pour symboliser l'éternelle jeunesse dont lui et sa femme, Marie-Marthe Bazaline (Madame Baba), semblent être dotés.

    L'entrée du servis kabaré dans l'espace public réunionnais, sinon dans le cercle des quelques curieux et passionnés, doit beaucoup à l'ouverture d'esprit, à l'idée de partage et de décloisonnement véhiculée par  ce couple de Saint-Louisiens.

     

    Documentaire exeptionnel en 2 parties, sur le servis de Gramoun Baba et Madame Baba. C'est toute une dimension culturelle qui surgit du"fénoir" pour se montrer telle quelle, pour se démocratiser et acquérir, aux yeux des réunionnais, une place méritée dans l'apanage patrimonial.

    Un article du journal Témoignages cite les propos de Dédé Payet : "La kaz Baba, kabaré lété rouvèr pou toulmoun". Là est tout l'intérêt de la démarche entreprise par Gramoun Baba, l'abolition des interdits et par là même, des préjugés à propos de pratiques méconnues au point d'en générer toutes sortes de mystères. Ce mystère existe par la sauvegarde, la subsistance de ces rituels ancestraux, reproduits à travers le prisme du déracinement et de la réappropriation.

     

     

     

     

     

     

     

      

    La compilation Bourbon  Maloya a permis de graver les voix de Gramoun et Madame Baba sur un support, pour assurer la pérennisation de leurs compositions et de leurs interprétations. Les chants ne s'embarassent que d'un roulèr, ils sont courts et dits promptement, ne délivrant souvent qu' un seul message.

    Le rapprochement avec les sonorités actuelles laisse pantois, tant cette simplicité semble s'être perdue dans un amas, un agglomérat d'influences à l'oeuvre quelquefois dévastatrice. "Lwazo" cette mélodie qui se soustrait au temps, incréée par son origine inconnue, se mesure à la fragilité de l'acoustique et des voix éraillées, mais pures.

      


    Gramoun Baba - Bon dié

      

        
    Gramoun Baba - Té mon famn

     

       
    Madame Baba - Lwazo

     

      
    Gramoun Baba - Mwin lavéèn in ty syin

     

      
    Gramoun Baba - Soumalita

     

    Même si Gramoun Baba perpétuait le culte aux ancêtres comme il l'avait vu faire par ses aïeux, c'est par un rêve à l'âge de 40 ans que la façon dont devra se dérouler son servis lui sera révélée. Une expérience onirique commune à celle de Gramoun Bébé, à qui ses ancêtres lui indiquèrement la marche à suivre pour organiser la cérémonie.

     

      
    Madame Baba - Kaf la trouv a mwin vilin

     

      
    Gramoun Baba - Okilé zoli zindyin

     

     
    Madame Baba - Pa bezwin ti plèr pou mwin

     

    Leurs adjurations ne contiennent qu'un souffle, soutenu et mené à bien. Ce maloya est celui du "chant naturel", celui que Firmin Viry soutient qu'il "ne s'écrit pas avec un stylo devant un bureau", mais qu'il s'expire, s'exulte de lui-même durant le labeur, parce que sa volonté est d'être exprimé. Il vient comme une inspiration, comme l'esprit descendant sur l'Homme de chair; un signe d'en haut, ou bien par le simple fait de son existence.

    Le confronter avec le maloya "poesis" de Danyel Waro, entre autre, car il est l'un des premiers à le considérer comme capable d'un traitement linguistique et littéraire, une matière à travailler, permet une mise en relief et une considération globale sur le maloya. Le militantisme politique a fait du maloya un arc et des vélléités communiste une flèche. Pour Gramoun Baba le maloya, le kabaré, est sa propre cause et n'a besoin d'aucune justification. Cette dernière est donnée par l'histoire, personnelle et publique (passé colonialiste etc); la problématique du fondement identitaire et du culte aux ancêtres.

    Enfin, loin des impératifs artistiques qui enchaînent création et économie, le chant de ces gramouns n'était pas voués à plaire, sinon aux esprits, ni destinés à la commercialisation d'une richesse culturelle. Leurs chroniques chantées demeurent en majeure partie énigmatiques car elles recèlent une capacité d'imagination impalpable, un mécanisme qui a disparu des productions modernes et des mentalités. Leurs douces banalités allaient droit à l'essence des choses, faites d'observations et d'expériementations formatrices.

     

     
    Madame Baba - Sarda Garriga

     

      
    Madame Baba - Serman not dé twé la fé

     

      
    Madame Baba - Kalbanon en tol

     

    Tout comme les corps des témoins lors des servis opèrent une passerelle entre le monde des vivants et des morts; et offrent cet interstice d'expression qui assure aux esprits une manifestation heureuse, la musique de Gramoun et Madame Baba est le pont entre la Réunion d'hier et celle d'aujourd'hui. Cette Réunion où le sacré tenait un rôle prépondérant dans la vie de chacun, dans son appréciation, ses choix; ou la valeur associée au passé permettait d'envisager l'avenir sur un socle.

     

    + d'infos : http://www.temoignages.re/un-autre-gardien-culturel-nous,6728.html  

    http://www.temoignages.re/baba-lespri-kabare,6004.html

    http://ecole-paul-salomon.ac-reunion.fr/matpsalomon/ACCUEIL.html

    http://www.temoignages.re/spip.php?page=imprimer&id_article=6017

     

     

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